Résumé (II) de thèse
Cette recherche se construit autour des explorations qu’ont faites certains architectes des technologies de l’information au moment de la conception. La réflexion sur cette production spécifique, que nous appelons théorie des architectures numériques, a dû pour être effective recourir à trois domaines d’étude différents : architecture, philosophie, informatique ; et plus particulièrement à la théorie architecturale, la philosophie des techniques et la conception assistée par ordinateur.
Ce champ d’étude élargi permet de faire apparaître les répercussions qu’ont eues les technologies sur les modes de conception et de production des architectes. Nous aborderons cette problématique, en posant deux problèmes : celui des sensibilités des architectes, c’est-à-dire le rapport esthétique que ceux-ci entretiennent avec l’objet architectural; et celui du traitement technologique possible de l’information. Pour y parvenir, nous aurons recours, dans une large mesure, aux penseurs de la technique et plus particulièrement à la pensée de Gilbert Simondon. Le grand avantage est que cette pensée de la technique s’inscrit dans une pensée plus large de l’individuation, dont l’une des articulations se trouve dans sa théorie de l’invention. À partir de ces réflexions, il est possible d’admettre comme hypothèse que les explorations formelles en architecture donnent à voir, par l’emphase qu’elles portent sur le processus plutôt que sur l’objet, un repositionnement théorique qui souhaite penser autrement le rapport objet-sujet; et elles permettent également, par le décentrement qu’elles opèrent par son traitement particulier de l’information, d’envisager un nouveau rapport avec la technique, la culture et la nature.
Nous venons de poser ici les trois éléments centraux et fondamentaux qui couvriront l’étendue de la thèse : les explorations formelles, le traitement de l’information et l’invention architecturale.