Explorations formelles et sensibilités technologiques. Architectures 1987-2009.
La thèse a pour objectif de réintégrer les technologies de l’information dans les réflexions architecturales, principalement au moment de la conception. Il s’agit d’arriver à définir les inventions qui seraient propres aux architectures numériques. Ces inventions permettent de comprendre les différentes répercussions qu’entraînent ces nouvelles technologies pour la pratique contemporaine par les questionnements qu’elles soulèvent quant à l’articulation entre concepteurs et technologies.
Mon postulat est de dire que ces technologies modifient radicalement les sensibilités des concepteurs et permettent de penser des sensibilités technologiques singulières. Les explorations faites sur la forme à partir de processus de conception ont permis de définir un corpus d’étude riche en connaissances par le décentrement qui s’opère entre le concepteur et la machine. Ce développement expérimental de la forme sur l’interface graphique permet de cristalliser, dans un même objet, les possibilités technologiques ainsi que les motivations architecturales pour un projet.
Afin de rendre compte de ces relations complexes, ma méthode d’analyse s’est construite à partir des travaux des penseurs de la technique comme le philosophe Gilbert Simondon (1924-1989), l’anthropologue André Leroi-Gourhan (1911-1986), ou plus récemment à l’aide du philosophe Bernard Stiegler. L’hypothèse est de voir dans la réalité technique de cette pratique architecturale, dans les sensibilités technologiques qu’ont eues les architectes pour la prise de forme de leur bâtiment (projeté et construit), des rapports entre le milieu, le bâtiment et les usagers, compris dans une existence commune et capable d’évoluer. La piste choisie est de proposer des stylisations différentes pour suivre la prise de forme de l’objet architectural et d’y chercher les tensions produites.
Cette hypothèse trouve son aboutissement dans la transposition analogique entre le milieu de l’écran de l’ordinateur avec le milieu de la construction, communément appelé le site. Ce recours à l’analogie permet de voir dans ces sensibilités technologiques particulières les clés pour appréhender différemment l’objet et son environnement.